Bullitt (2/2) : Rapatriée aux États-Unis après cinq décennies !

Une course poursuite de plus de dix minutes dans les rues de San Francisco opposant une Ford Mustang 390 GT et une Dodge Charger 440 R/T, ça vous dit quelque chose ? Effectivement, c’est bien le lieutenant Frank Bullitt (Steve McQueen) au volant de son fastback 68 qui tente de rattraper les deux assassins du film éponyme.

Durant le tournage, les acteurs ont parcouru les rues de San Francisco en dépassant parfois les 100 miles par heures (160 km/h) ! Pour réaliser l’ensemble des scènes de la Mustang, ce sont deux voitures identiques qui ont été préparées par Max Balchowski (ancien pilote et constructeur de voiture) durant le tournage. Toutes deux étaient de couleur « Highland Green », en carrosserie fastback et étaient pourvues du pack GT sport avec un moteur 390 ci et un carburateur 4V.

  • la première (VIN 8R02S125559) a été utilisée pour les prises de vues standards montrant la Mustang sans scènes d’action particulières.
  • la seconde (VIN 8R02S125558) était destinée aux scènes de cascade et mise en pièces à la fin du film. Elle a été remise en état mais laissée finalement dans une casse peu de temps après le tournage.

Cet article traite de la seconde voiture (8R02S125558). Pour lire le billet sur la première Bullitt (8R02S125559), rendez-vous ici.

La Bullitt 8R02S125558 finalement retrouvée… au Mexique !

Le 28 février dernier, Fede Garza, un membre du forum Vintage Mustang déclare qu’il a retrouvé la trace de 8R02S125558. Ce véhicule n’avait pas donné « signe de vie » depuis presque cinquante ans. Cette dernière porterait effectivement le VIN (Vehicule Identification Number) 8R02S125558. Elle serait au Mexique. D’après ses dires, un ami a lui, Hugo Sanchez, restaurateur de véhicules anciens, comptait transformer cette Mustang en Eleanore. Il s’agit d’une voiture inspirée du film « Gone in 60 seconds » de 2000 avec Nicolas Cage et Angélina Jolie. C’est alors qu’il réalise les caractéristiques si particulières de l’auto. Ironique, n’est-ce pas ? Lorsque Sanchez, co-propriétaire de ce fastback avec Ralph Garcia Junior (propriétaire de l’établissement qui devait réalisé la transformation), a découvert le VIN, il a compris qu’il allait faire une grosse erreur. En effet, le VIN correspond à celui du fastback disparu.

En plus du VIN, d’autres éléments sur la voiture montrent qu’il s’agit bien du Graal :

  • des tours de suspension (shock towers) renforcées,
  • un essieu arrière customisé de 9 pouces (provenant d’une Mustang ’67),
  • des trous dans le coffre qui correspondraient sans doute à un support permettant d’accueillir un générateur.
De gauche à droite : Ralph Garcia Junior, Kevin Marti et Hugo Sanchez
De gauche à droite : Ralph Garcia Junior, Kevin Marti et Hugo Sanchez

Authentifiée par Kevin Marti

Selon Garza, cette Mustang se trouvaient depuis deux ou trois décennies à Los Cabos, municipalité mexicaine située à la pointe sud de la péninsule de Basse-Californie (Mexique).

Kevin Marti est un expert Ford reconnu et il est le détenteur exclusif d’une licence lui permet de commercialiser les rapports (Marti reports) concernant les voitures de la marque produites entre 1967 et 2012. Il s’est lui-même rendu sur les lieux le vendredi 3 mars pour examiner la Mustang et donner son verdict. Il a affirmé qu’il n’y avait pas de doute : “I’m 100 percent sure it’s authentic”. En novembre dernier, Marti avait été alerté puisque le Marti Report de cette voiture avait été commandé. D’après les couches de peintures sur la carrosserie, on peut aisément imaginer que celle-ci a eu plusieurs vies depuis le tournage.

La destinée de cette Bullitt

Aujourd’hui, la réparation de la voiture a commencé ; elle a même été présentée chez le concessionnaire Ford de Mexicali.  Bien que les propriétaires de ce fastback exceptionnel aient déjà reçu plusieurs offres de particuliers, Garcia a annoncé qu’ils ne souhaitaient pas le vendre : “It’s been a blessing for me and my partner”,  “we have a lot of plans for it.”Aux enchères, cette Mustang pourrait atteindre le million de dollars selon Ken Gross, historien de voitures et ancien consultant de Petersen Automotive Museum. Il ajoute également que cette auto pourrait figurer sur la liste du Top 10 des voitures disparues les plus désirées de l’Histoire : “This is certainly on the list of top 10 list of most desirable missing cars”.

D’après Garza, la Mustang doit être envoyée aux États-Unis pour une restauration totale et ainsi pouvoir s’offrir une nouvelle jeunesse pour les 50 ans du film Bullitt qui auront lieu l’année prochaine, en 2018. Il paraîtrait d’ailleurs que Ford travaille à une version spéciale de la Mustang annuelle pour l’occasion…

Une photo de la Mustang dans la casse...
Une photo de la Mustang dans la casse…
Chez le concessionnaire Ford local.
Chez le concessionnaire Ford local.
Elle arbore de nouveau son ancienne plaque californienne
Elle arbore de nouveau son ancienne plaque californienne
Steve McQueen aux commandes de la Bullitt retrouvée
Steve McQueen aux commandes de la Bullitt retrouvée
Sur les hauteurs de San Francisco
Sur les hauteurs de San Francisco

Sources :

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Les origines de la Ford Mustang

Une voiture pour les jeunes américains

Le mustang est considéré comme un cheval assez difficilement domptable et ayant un fort caractère. Ils sont connus pour leur puissance, leur rapidité et leur indépendance, et c’est exactement pour cela que Ford a nommé sa voiture Mustang, lui donnant les gènes du cheval sauvage… — Signification et origine des noms de voiture

En 1960, Lee Iacocca, vice président de Ford, entouré par une équipe d’ingénieurs, stylistes et autres spécialistes de l’ergonomie, a une idée de génie. Il souhaite effectivement créer une voiture destinée aux jeunes américains issus du baby-boom. Celle-ci sera petite, sportive, performante, abordable et personnalisable. Les américains sont de moins en moins intéressés par les voitures lourdes et massives. La tendance est effectivement orientée vers des voitures plus petites. L’idée est proposée à Henry Ford II, PDG de Ford, qui n’est pas très emballé mais qui finit par accepter le projet. Sur la base des idées de Iacocca et de son équipe, le concept de pony car est alors imaginé. Découvrons ensemble les origines de la Ford Mustang !

Le prototype I

En 1962, le cahier des charges rédigé, la Ford Motor Company (FoMoCo) est capable de fournir un premier prototype. Celui-ci est nommé le Ford Mustang Prototype I. Le but est de combler un vide entre les Go-Karts et la Corvette. Avec une carrosserie en aluminium, un moteur 4 cylindres et deux places assises, cette voiture sera destinée à rouler sur route comme sur circuit. Le 7 octobre de la même année, la voiture est prête pour faire ses débuts à Watkins Glen dans l’état de New York (USA) pour une démonstration lors du Grand Prix des États-Unis avec Dan Gurney. Ce dernier est pilote de Formule 1 et sera donc aux commandes d’un prototype orienté « racing ». A cette occasion, Lee Iacocca rencontre ses attentes : les rumeurs vont bon train. Le magazine Motor Trend va jusqu’à dire que Ford va produire une voiture de sport capable de rivaliser avec la Corvette.

Mustang I prototype 1962

Pour ceux qui souhaiteraient en connaître davantage sur ce prototype, un film promotionnel de la Ford Mustang Prototype I est disponible sur Youtube :

Durant les années 63 et 64, les deux prototypes apparaissent durant des conventions mais la Ford Mustang I est jugée trop « extrême » pour une production en masse ; d’autant que le grand public n’est que modérément intéressé par cette voiture. En produisant ce premier prototype, Lee Iacocca souhaitait avant tout provoquer un remue-ménage et attirer l’attention.

Le prototype II

En 1963, un deuxième prototype, nommé Mustang II (il ne s’agit pas de la Mustang II que l’on connaît aujourd’hui), apparaît. Il s’agit d’un concept car complètement nouveau, inspiré de la Ford Mustang I mais qui se rapproche davantage de la Mustang de première génération que l’on connaît aujourd’hui. En effet, Ford défini alors la Mustang comme une voiture à 4 places avec sièges baquets à l’avant, levier de vitesse au plancher et qui doit être proposée à moins de 2500 dollars.

En 1963, un deuxième prototype, nommé Mustang II (il ne s’agit pas de la Mustang II que l’on connaît aujourd’hui), apparaît. Il s’agit d’un concept car complètement nouveau, inspiré de la Ford Mustang I mais qui se rapproche davantage de la Mustang de première génération que l’on connaît aujourd’hui. En effet, Ford défini alors la Mustang comme une voiture à 4 places avec sièges baquets à l’avant, levier de vitesse au plancher et qui doit être proposée à moins de 2500 dollars.

Les premières Mustang de série

Un moteur six cylindres et beaucoup d’options

Finalement, c’est en 1964 que Ford produit sa première génération de Ford Mustang. Basée sur une Ford Falcon (pour des raisons d’économies), c’est le moteur 6 cylindres (170 ci) de la Falcon et développant 105 chevaux qui est proposé de série dans le compartiment moteur. Le V8 (260 ci pour un code F, 289 ci pour un code K ou un code D) est en option et développe entre 164 et 271 chevaux en fonction du code choisi par le propriétaire. Il faut savoir que le code définit le volume du moteur ainsi que le carburateur greffé à celui-ci. Également, la Mustang est disponible en deux versions : hardtop ou cabriolet. En 1965, la version fastback fera finalement son apparition pour complété la série. L’équipe de Iacocca souhaite intégrer beaucoup de parties chromées et d’options sur la voiture et ainsi attirer de nombreux jeunes américains.

C’est le 9 mars 1964 que sort d’usine la toute première Mustang de série. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’on appelle cette première cuvée 64 ½ et non 64 ou 65 : la production débute durant l’année en cours et non l’année précédente. En revanche, sur les certificats d’immatriculation, c’est bien 1965 qui est inscrit.

Une voiture abordable

La Ford Mustang 64 ½ ainsi nommée est la première voiture sportive abordable construite en Amérique du Nord. Le constructeur réussi d’ailleurs son pari et propose la Ford Mustang à 2 368 $ US. C’est ainsi un prix très avantageux comparé aux autres véhicules sportifs. La société lance d’ailleurs une vaste campagne de publicité au sujet de son nouveau produit. En effet, les américains visionnent le 16 avril 1964 à 21h30 le spot commercial de la marque non pas sur une, ni sur deux, mais sur trois chaînes de télévision, au même moment. Le 17 avril, tous les showrooms de Ford exposent une Mustang et ce n’est pas moins de 22 000 Mustangs qui sont vendus cette journée.

Si Iacocca avait estimé vendre 100 000 voitures sur les douze premiers mois, c’étaient 263 434 unités qui avaient été vendues à la fin de l’année 64 et 418 812 après douze mois de commercialisation (le 17 avril 1965 donc).

Anecdote : La Mustang en Allemagne…

Alors que Ford exporte ses véhicules, il s’avère que le nom « Mustang » ne peut pas être utilisé en Allemagne. Il est effectivement possédé par la compagnie Krupp, qui utilise le nom pour ses camions fabriqués entre 1951 et 1964. Refusant de payer la coquette somme de 10 000 dollars pour racheter le nom, Ford décide de vendre son véhicule sous le nom de « T-5 » en Allemagne jusqu’en 1978.

1964 Ford Mustang (Photo by FPG/Getty Images)
1964 Ford Mustang (Photo by FPG/Getty Images)

Sources

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